Le confort thermique
« T’as vu, il fait bon au bureau aujourd’hui », « Grrrr, j’ai froid aux pieds », ….et combien d’autres aveux du genre qui animent nos conversations quotidiennes. Ils résument cette sensation de confort ou d’inconfort thermique dont on fait allusion inconsciemment.
■ 1) L’équilibre thermique du corps humain, c’est quoi ?
Pour pouvoir maintenir la température normale de notre corps qui est de 37°C, nous échangeons en permanence de la chaleur avec notre environnement immédiat. Des échanges qui se font par les facteurs suivants:
Contact direct. Ce qu’on appelle la conduction. Exemple : au contact de l’eau chaude ou marcher pieds nus sur le carrelage.
Echange de chaleur avec l’air ambiant. Ce qu’on appelle la convection. Exemple : la sensation de froid provoquée par un courant d’air.
Rafraîchissement de la surface de la peau par la transpiration. Ce qu’on appelle l’évaporation.
Emission de rayons thermiques. Ce qu’on appelle rayonnement. Exemple : la chaleur provoquée par les rayons d’un feu de braise.
Il est vrai qu’en cas d’inconfort, on a plutôt tendance à faire monter la température du chauffage, alors que jouer sur les facteurs précités nous procure également le confort voulu. Exemples : A température de l’air égale, le confort sera meilleur avec les pieds sur un tapis que sur un carrelage, autrement dit il y aura moins de perte de chaleur par conduction. Aussi, on n’a pas besoin de monter excessivement la température d’une pièce si on se réchauffe près d’un poêle, et ce, grâce au rayonnement thermique de celui-ci.
■ 2. Quels sont les paramètres qui mesurent le confort thermique ?
a) La température de l’air
La température de confort varie en fonction du type d’activité : 15 °C est idéal pour une activité physique intense, 18°C dans une cuisine pour une activité debout, alors qu’un travail de bureau nécessite plutôt 20°C. Aussi, il n’est pas nécessaire de viser à avoir la même température dans toutes les pièces d’une maison. On peut par exemple se contenter de 16°C dans une chambre à coucher. L’air frais est même conseillé pour la qualité du sommeil.
b) La température des parois
Nous sous-estimons l’impact de ce facteur sur notre sensation de confort. Pourtant, les parois autour de nous rayonnent et donnent une sensation de chaud ou de froid. Ainsi, des parois froides devront être compensées par un effort de chauffage de l’air pour un confort thermique équivalent. C’est à prendre en considération lors de la conception des parois et de leur finition. Il existe aujourd’hui des systèmes de chauffage par rayonnement des murs qui donnent une agréable sensation de confort thermique pour une température de l’air inférieure. Or, on sait que la réduction d’un seul degré permet une économie de 7% de la facture de chauffage !
c) L’humidité relative de l’air
Entre 35% et 70%, l’humidité relative de l’air ne pose pas de problème. Au-delà de 80%, l’ambiance devient insupportable s’il fait chaud. L’humidité de l’air peut être stabilisée au sein de la maison, notamment par l’utilisation de matériaux de construction ayant une capacité d’absorber et de restituer une partie de l’humidité de l’air. C’est notamment le cas de l’argile.
d) La vitesse de l’air
La vitesse de l’air accélère la perte de chaleur par convection, créant une sensation de froid par courants d’air. Les mouvements d’air ne sont pas toujours perceptibles. L’étanchéité à l’air de la maison lors de sa conception permettra d’améliorer l’efficacité de l’isolation mais aussi d’éviter les courants d’air désagréables. Cette étanchéité à l’air peut se vérifier à l’aide d’un « Blower test » qui consiste à mettre l’ensemble de la maison en surpression ou dépression et de mesurer l’effort du ventilateur.
■ 3. Est-ce vrai que des paramètres psychologiques et culturels influent sur notre sensation du confort ?
Oui, c’est vrai. Le confort thermique a une explication psychologique également. Nos comportements et nos habitudes, les régions où nous vivons, certains de nos réflexes voire même les couleurs qui nous entourent dictent aussi notre notion de confort.
Jugez-en par vous-mêmes :
- 18°C dans la maison ne nous donne pas la même sensation en hiver qu’en été.
- La température ressentie comme idéale varie selon les habitudes, les pays, les continents. Les méditerranéens sont ainsi plutôt habitués à chauffer à 23-24°C alors que les scandinaves se « contentent » de 18-19°C.
- Dormir la fenêtre fermée ou ouverte, fermer les portes dans la maison, etc.
Des études ont montré que les couleurs des parois, le mobilier et la lumière influencent aussi notre sensation de confort thermique. Les couleurs chaudes, la lumière directe et un mobilier chaleureux en bois par exemple, nous aident à décrire comme confortable une température moindre.
■ 4. Des conseils pour votre confort et à moindre prix !
Si vous souhaitez réaliser des économies d’énergie de chauffage sans perdre de confort, agissez comme suit :
- Maintenez une température agréable par une bonne isolation du bâtiment, par un système de chauffage performant, par l’augmentation des ouvertures au soleil.
- Développez une bonne inertie thermique dans le bâtiment : capacité à stocker la chaleur et rayonner par la suite (chaleur par rayonnement).
- Veillez à l’étanchéité à l’air du bâtiment.
- Utilisez des matériaux chauds au toucher pour les parements et le mobilier intérieurs : bois, liège, etc.
- Veillez à éviter les sources de courant d’air.
- Solutionnez les problèmes d’humidité éventuels de la maison.
- Jouez sur vos couches vestimentaires permet d’améliorer son propre confort thermique avec effet immédiat sans rendre une pièce trop chaude ou trop froide pour les autres.
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